
L’isolation des murs représente l’un des enjeux majeurs de la rénovation énergétique moderne. Responsables de 20 à 25% des déperditions thermiques dans un logement non isolé, les parois verticales constituent la deuxième source de perte de chaleur après la toiture. Face à l’augmentation constante des coûts énergétiques et aux exigences environnementales croissantes, choisir la solution d’isolation murale adaptée devient crucial pour optimiser le confort thermique et réduire significativement les factures de chauffage. Entre isolation par l’intérieur et par l’extérieur, matériaux traditionnels et biosourcés, techniques conventionnelles et innovations technologiques, les options disponibles nécessitent une analyse approfondie pour identifier la stratégie la plus pertinente selon votre projet.
Isolation thermique par l’intérieur (ITI) : techniques et matériaux performants
L’isolation thermique par l’intérieur demeure la solution la plus couramment mise en œuvre en France, représentant environ 75% des chantiers d’isolation murale. Cette prédominance s’explique par sa facilité de mise en œuvre, son coût maîtrisé et sa capacité à s’adapter à la plupart des configurations architecturales. L’ITI permet de conserver l’aspect extérieur du bâtiment tout en améliorant significativement les performances énergétiques, avec des gains pouvant atteindre 25% sur les consommations de chauffage selon l’ADEME.
Les avantages de cette approche incluent une mise en œuvre possible pièce par pièce, facilitant l’étalement des travaux dans le temps. Cette flexibilité représente un atout considérable pour les propriétaires souhaitant échelonner leur investissement. Cependant, la réduction de surface habitable, généralement comprise entre 10 et 15 cm par mur isolé, constitue l’inconvénient majeur à prendre en compte lors du dimensionnement du projet.
Doublage collé avec plaques de placo et isolants rigides
Le doublage collé représente la technique d’ITI la plus répandue dans l’habitat neuf et en rénovation légère. Cette méthode consiste à coller directement sur le mur porteur des panneaux composites intégrant l’isolant et le parement de finition. La mise en œuvre nécessite des supports parfaitement plans et sains, conditions indispensables pour garantir l’adhérence optimale du système.
Les isolants rigides les plus utilisés incluent le polystyrène expansé (lambda de 0,038 W/m.K), le polyuréthane (lambda de 0,023 W/m.K) et les panneaux de laine minérale haute densité. Cette technique permet d’atteindre des résistances thermiques de R = 3,7 à 5 m².K/W selon l’épaisseur choisie, répondant aux exigences de la réglementation thermique actuelle.
Ossature métallique et laine de verre isover PAR phonic
L’isolation sous ossature métallique offre une solution polyvalente pour traiter les murs irréguliers ou nécessitant une intégration de réseaux techniques. Cette technique permet de corriger les défauts de planéité tout en créant un espace technique pour le passage des gaines électriques et des canalisations. L’ossature, constituée de rails et montants métalliques, supporte le parement de finition et maintient l’isolant en place.
Les laines minérales, particulièrement adaptées à cette technique, offrent d’excellentes performances thermo-acoustiques. Un système comme la l
système comme la laine de verre Isover PAR Phonic combine ainsi isolation thermique et affaiblissement acoustique renforcé, idéal pour les pièces de vie ou les logements mitoyens.
En pratique, on place les panneaux semi-rigides entre les montants, en veillant à supprimer les vides d’air parasites et à soigner les découpes autour des menuiseries. Un pare-vapeur ou frein-vapeur est généralement ajouté côté intérieur afin de maîtriser les transferts de vapeur d’eau et d’éviter les condensations dans l’isolant. Cette solution permet d’atteindre sans difficulté des résistances thermiques supérieures à R = 4 m².K/W, tout en limitant les bruits aériens de plusieurs décibels par rapport à un doublage classique.
Contre-cloisons maçonnées avec béton cellulaire ytong
La contre-cloison maçonnée en béton cellulaire offre une alternative robuste et durable pour l’isolation des murs par l’intérieur. Le principe consiste à ériger, devant le mur extérieur, une cloison légère en blocs de béton cellulaire type Ytong, laissant éventuellement un espace pour un isolant complémentaire. Ce matériau, composé de sable, chaux et ciment, présente naturellement une bonne résistance thermique grâce à sa structure alvéolaire remplie d’air.
Cette technique apporte plusieurs avantages : inertie thermique accrue, excellente régulation hygrométrique et résistance au feu élevée. Elle est particulièrement pertinente dans les projets de rénovation de long terme, où l’on recherche un système pérenne, insensible aux tassements et aux chocs. En contrepartie, la mise en œuvre est plus lourde qu’un doublage en plaques de plâtre, et le poids supplémentaire doit être pris en compte, notamment en étage.
En termes de performance, une contre-cloison en blocs de 7 à 10 cm d’épaisseur, éventuellement complétée par une fine couche d’isolant, permet d’atteindre des valeurs de R intéressantes tout en conservant des murs « respirants ». Vous cherchez une solution qui se rapproche du confort d’un mur massif isolant, tout en restant en ITI ? Le béton cellulaire Ytong constitue alors une piste sérieuse, surtout dans les zones soumises à de fortes variations de température.
Panneaux sandwich polyuréthane et parement BA13
Les panneaux sandwich associant une âme en mousse polyuréthane (PU) et un parement en plaque de plâtre BA13 se distinguent par leur très forte performance thermique pour une faible épaisseur. Avec un lambda pouvant descendre à 0,022–0,024 W/m.K, ces complexes permettent d’atteindre R = 3,7 m².K/W avec seulement 8 à 10 cm d’isolant, un atout majeur lorsque chaque centimètre de surface habitable compte. Ils conviennent particulièrement aux rénovations en appartement ou aux petites surfaces.
La mise en œuvre est proche du doublage collé classique : les panneaux sont collés au mortier adhésif ou fixés mécaniquement sur le support. Pour limiter les ponts thermiques, il est indispensable de soigner les jonctions entre panneaux, autour des baies et en pied de cloison. En contrepartie de leurs excellentes performances thermiques, ces isolants pétrosourcés sont moins performants acoustiquement et présentent un bilan environnemental moins favorable que les laines minérales ou les isolants biosourcés.
Ce type de complexe est donc à privilégier lorsque la priorité absolue est la réduction de l’épaisseur d’isolation pour un haut niveau de résistance thermique, par exemple dans les couloirs, pièces étroites ou logements soumis à des contraintes fortes de surface. Comme pour tous les systèmes ITI, on veillera à associer ces panneaux à une ventilation efficace (VMC simple ou double flux) pour garantir une bonne qualité d’air intérieur.
Isolation thermique par l’extérieur (ITE) : systèmes d’isolation continue
L’isolation thermique par l’extérieur constitue la solution la plus performante pour traiter de façon continue l’enveloppe du bâtiment et réduire les ponts thermiques. En enveloppant les murs d’un manteau isolant, l’ITE préserve l’inertie des parois intérieures, ce qui améliore significativement le confort d’été et la stabilité de la température intérieure. Vous souhaitez rénover la façade et gagner en performance énergétique en une seule opération ? L’ITE est souvent la réponse la plus pertinente, malgré un coût global plus élevé que l’ITI.
En pratique, plusieurs systèmes coexistent : enduit sur isolant, bardage ventilé, vêtures préfabriquées ou panneaux structurels isolants. Tous ont en commun de ne pas réduire la surface habitable et de permettre l’occupation du logement pendant le chantier. En revanche, ils modifient l’aspect extérieur du bâtiment et nécessitent généralement une déclaration préalable de travaux, voire un permis de construire selon les cas et le Plan local d’urbanisme (PLU).
Enduit sur isolant avec polystyrène expansé knauf therm
Le système d’ITE sous enduit avec polystyrène expansé, tel que Knauf Therm, représente aujourd’hui l’une des solutions les plus répandues sur les maisons individuelles et les petits collectifs. Des panneaux de PSE sont collés et/ou chevillés sur la façade, puis recouverts d’un sous-enduit armé d’un treillis, avant la pose d’un enduit de finition décoratif. L’ensemble forme une « peau » continue, limitant efficacement les ponts thermiques au droit des planchers et refends.
Grâce à un lambda de l’ordre de 0,031–0,038 W/m.K, il est possible d’atteindre R = 4,5 à 5 m².K/W avec 14 à 16 cm de PSE, répondant ainsi aux exigences de la RE 2020 pour les rénovations ambitieuses. Le polystyrène expansé Knauf Therm se décline en plusieurs densités et finitions, adaptées à la résistance mécanique recherchée et aux contraintes climatiques locales. Légers et faciles à découper, ces panneaux permettent des chantiers rapides, à condition que la préparation du support et les détails de mise en œuvre soient irréprochables.
Ce type de système est particulièrement adapté lorsque l’on vise un rapport coût/performance optimisé et que l’esthétique de façade peut être revue. Il conviendra toutefois de prendre en compte la faible performance acoustique du PSE et son origine pétrochimique. Dans les zones très bruyantes ou pour les projets à forte exigence environnementale, d’autres isolants extérieurs pourront être plus judicieux.
Bardage ventilé sur ossature avec laine de roche rockwool
Le bardage ventilé sur ossature avec laine de roche est une solution d’ITE très performante, autant sur le plan thermique qu’acoustique et de la durabilité. Le principe : une ossature (bois ou métal) est fixée sur le mur support, des panneaux semi-rigides de laine de roche Rockwool sont insérés entre montants, puis un pare-pluie et un bardage (bois, composite, métal, etc.) sont posés en façade. Une lame d’air ventilée est conservée entre l’isolant et le bardage pour évacuer l’humidité et limiter les surchauffes solaires.
La laine de roche présente une excellente résistance au feu (matériau incombustible), une grande stabilité dimensionnelle et de bonnes performances d’isolation phonique. Pour une ITE performante, on visera généralement une résistance thermique d’au moins R = 4 à 5 m².K/W, ce qui correspond à une épaisseur de 14 à 16 cm de panneaux. Vous habitez près d’un axe routier bruyant ou dans une zone soumise à des vents forts ? Le bardage ventilé avec laine de roche Rockwool se révèle particulièrement adapté à ces contraintes.
La diversité des habillages possibles (clin bois, stratifié, zinc, fibre-ciment…) offre par ailleurs une grande liberté architecturale. Le principal point de vigilance concerne la gestion des ponts thermiques créés par l’ossature. Il est recommandé, lorsque c’est possible, de recouvrir les montants par une seconde couche d’isolant continu ou d’utiliser des systèmes de fixation limitant les transmissions thermiques.
Vêtures préfabriquées système cladix et isolant intégré
Les vêtures préfabriquées, comme le système Cladix, associent en usine un parement extérieur (panneau décoratif) et un isolant, pour former un module unique prêt à poser. Ces panneaux se fixent mécaniquement sur la façade à l’aide de rails ou d’équerres, ce qui permet une mise en œuvre rapide et maîtrisée, avec une qualité d’exécution plus constante qu’un système traditionnel posé « sur place ». La continuité de l’isolant est assurée par des emboîtements et des joints spécifiques.
Selon les versions, l’isolant intégré peut être du polystyrène expansé, de la laine de roche ou d’autres matériaux isolants certifiés. L’intérêt principal de ces systèmes réside dans la rationalisation du chantier : moins de temps passé en hauteur, moins d’aléas météo, moins de risques d’erreur de mise en œuvre. Pour un maître d’ouvrage, c’est la garantie d’une performance thermique plus prévisible, souvent accompagnée d’avis techniques et de garanties fabricants solides.
En revanche, la liberté architecturale peut être un peu plus contrainte que pour un bardage sur mesure, et le coût au mètre carré est souvent supérieur à un simple enduit sur isolant. Ces solutions s’adressent donc en priorité aux projets recherchant un bon compromis entre rapidité, performance et esthétique moderne, comme les petits collectifs ou les maisons individuelles contemporaines.
Panneaux structurels isolants avec fibres de bois steico
Les panneaux structurels isolants en fibres de bois, tels que ceux proposés par Steico, s’inscrivent dans une démarche d’isolation extérieure écologique et à forte inertie thermique. Ces panneaux, à base de bois reconstitué, combinent isolation et support de revêtement, et peuvent être utilisés dans des systèmes d’ITE sous enduit ou sous bardage. Leur densité relativement élevée leur confère une excellente capacité de déphasage thermique, très appréciable pour le confort d’été.
En façade, une épaisseur de 16 à 20 cm de panneaux de fibres de bois permet d’atteindre des résistances thermiques élevées, tout en offrant une bonne isolation phonique et une régulation hygrométrique naturelle. Vous cherchez à concilier performance énergétique, matériaux biosourcés et confort toute l’année ? Les systèmes ITE à base de fibres de bois Steico représentent l’une des meilleures réponses actuelles, notamment dans le cadre de projets RE 2020 ou de rénovations performantes.
La mise en œuvre demande cependant une réelle expertise : gestion des risques d’humidification, détails de jonction avec les menuiseries, choix des enduits respirants compatibles… Il est donc indispensable de s’appuyer sur des entreprises formées à ces systèmes, disposant d’avis techniques et de retours d’expérience concrets.
Matériaux isolants biosourcés et écologiques pour murs
Face aux enjeux climatiques et à la volonté de réduire l’empreinte carbone des bâtiments, les isolants biosourcés connaissent un essor remarquable. Ces matériaux, issus de la biomasse végétale ou animale, présentent des bilans environnementaux très favorables et contribuent souvent à améliorer le confort d’été grâce à leur forte capacité thermique massique. Faut-il pour autant les considérer comme une solution universelle ? Pas tout à fait : chaque isolant biosourcé possède ses spécificités et ses contraintes de mise en œuvre.
Dans le cadre de l’isolation des murs, on privilégiera les matériaux offrant une bonne tenue mécanique et une faible sensibilité à l’humidité, ou associés à des systèmes constructifs adaptés. Ouate de cellulose, chanvre, liège, fibres textiles recyclées… ces solutions permettent d’allier performance thermique, confort acoustique et démarche éco-responsable, à condition d’être conçues et posées dans les règles de l’art.
Ouate de cellulose univercell en insufflation et projection
La ouate de cellulose, comme la gamme Univercell, est l’un des isolants biosourcés les plus diffusés en France. Produite à partir de papiers recyclés, elle se présente sous forme de flocons destinés à être insufflés dans des caissons ou projetés humide sur des parois. En murs, elle est particulièrement utilisée dans des systèmes d’ossature bois ou de contre-cloisons, où elle vient remplir l’espace entre montants de manière homogène.
Avec un lambda d’environ 0,038–0,040 W/m.K et une forte capacité thermique, la ouate de cellulose offre un excellent compromis entre isolation hivernale et confort d’été. En insufflation, elle épouse parfaitement les interstices, limitant les vides d’air et donc les ponts thermiques internes. Il est cependant essentiel de respecter les densités de pose préconisées, notamment pour éviter tout risque de tassement dans le temps. Une mise en œuvre par un professionnel équipé et formé est donc vivement recommandée.
La ouate Univercell bénéficie généralement de traitements contre le feu et les moisissures, garantissant sa durabilité dans le temps. Elle se prête idéalement à des projets de rénovation globale visant un profil environnemental exemplaire, notamment lorsqu’elle est associée à des parements en plaques de plâtre ou en fibres-gypse et à des membranes frein-vapeur hygro-régulantes.
Chanvre et chaux hydraulique NHL pour enduits isolants
Les enduits isolants à base de chanvre et de chaux hydraulique naturelle (NHL) sont particulièrement adaptés aux bâtiments anciens à murs perspirants (pierre, pisé, torchis). Le principe consiste à projeter ou coffrer un mélange de granulats de chanvre et de chaux sur les parois, formant une couche isolante continue qui laisse passer la vapeur d’eau tout en limitant les transferts thermiques. On parle souvent de béton de chanvre ou d’enduit chaux-chanvre.
Si leur lambda (autour de 0,07–0,09 W/m.K) est moins performant que celui des isolants industriels, ces systèmes compensent en partie par des épaisseurs plus importantes (8 à 15 cm) et par leur capacité à réguler naturellement l’humidité et la température. Ils sont particulièrement indiqués lorsque l’on souhaite éviter de bloquer l’humidité dans les murs anciens, ce qui pourrait entraîner des désordres structurels. L’analogie la plus parlante est celle d’un « manteau respirant » : il protège du froid tout en laissant le corps évacuer la transpiration.
La mise en œuvre demande un savoir-faire spécifique en maçonnerie traditionnelle et en matériaux biosourcés. Les temps de séchage peuvent être longs et doivent être respectés avant l’application des finitions. Ce type de solution convient donc plutôt aux chantiers où l’on peut prendre le temps de bien faire, avec une ambition patrimoniale et environnementale affirmée.
Laine de mouton métisse et fibres textiles recyclées
Les isolants textiles recyclés, comme la laine de coton Métisse issue de vêtements collectés, illustrent parfaitement la logique d’économie circulaire appliquée au bâtiment. Proposés sous forme de panneaux ou de rouleaux, ces matériaux présentent de bonnes performances thermiques (lambda autour de 0,037–0,040 W/m.K) et un excellent confort acoustique grâce à leur structure fibreuse. Ils s’installent dans des systèmes similaires à ceux des laines minérales, en ITI sous ossature ou en doublage.
Leur atout majeur réside dans leur faible impact environnemental et leur caractère sain à la pose (peu ou pas de poussières irritantes). Ils peuvent donc être particulièrement intéressants pour l’isolation des murs de chambres, de bureaux ou de pièces sensibles. Comme pour d’autres isolants biosourcés, un traitement adapté contre les moisissures et les rongeurs est indispensable et fait l’objet de certifications spécifiques.
Il est important de distinguer ces produits industriels, certifiés et contrôlés, de la laine de mouton brute ou des textiles non traités, qui peuvent poser des problèmes de durabilité et de nuisibles. En choisissant des isolants textiles recyclés bénéficiant d’avis techniques, vous combinez performance, confort de pose et valorisation de déchets textiles qui auraient autrement été incinérés ou enfouis.
Liège expansé en panneaux amorim et granulats
Le liège expansé, notamment sous forme de panneaux proposés par des fabricants comme Amorim, est un isolant 100 % naturel, imputrescible et particulièrement résistant à l’humidité. Obtenu par expansion thermique de granulés d’écorce de chêne-liège, il ne nécessite aucun liant synthétique, ce qui en fait un matériau très apprécié dans les constructions écologiques et les bâtiments à basse empreinte carbone. En murs, il peut être employé aussi bien en ITI qu’en ITE, sous enduit ou sous bardage.
Avec un lambda voisin de 0,040–0,045 W/m.K, le liège expansé offre une bonne isolation thermique, renforcée par une excellente capacité de stockage de chaleur, très utile pour lisser les variations de température entre le jour et la nuit. Les panneaux peuvent être collés, chevillés ou fixés mécaniquement, puis recouverts d’un enduit à la chaux ou d’un parement de finition. Sous forme de granulats, le liège peut également être utilisé en vrac pour remplir des cavités ou des lames d’air.
Son coût au mètre carré est plus élevé que celui des isolants minéraux classiques, mais il se rattrape par sa durabilité, son comportement au feu satisfaisant et sa totale recyclabilité. Pour un projet d’isolation des murs à la fois performant, durable et très respectueux de l’environnement, le liège expansé Amorim fait partie des solutions les plus abouties.
Isolation des murs par injection : techniques spécialisées
L’isolation des murs par injection vise principalement les bâtiments dotés de murs creux (double paroi avec lame d’air) ou de cavités accessibles depuis l’extérieur ou l’intérieur. Le principe consiste à remplir cet espace avec un isolant en vrac (granulés de polystyrène, mousse polyuréthane, billes de verre, ouate de cellulose, etc.) injecté sous pression à travers de petits orifices percés dans la maçonnerie. Cette technique permet d’améliorer significativement l’isolation sans modifier l’aspect des façades ni réduire la surface intérieure.
Elle est particulièrement adaptée aux maisons construites entre les années 1950 et 1980, dont les murs comportent souvent des lames d’air non isolées. L’analogie avec le remplissage d’un « duvet vide » est parlante : on injecte la matière isolante là où l’air circulait librement, ce qui réduit drastiquement les courants d’air et les parois froides. Toutefois, la réussite de ce type de chantier repose sur un diagnostic préalable précis, incluant la vérification de l’état des parois, de l’absence d’humidité et de la continuité des cavités.
En pratique, l’entreprise réalise un maillage de trous de faible diamètre, injecte l’isolant jusqu’au remplissage complet, puis rebouche les orifices avec un mortier adapté. Les performances atteignables dépendent de l’épaisseur de la lame d’air et du matériau choisi, mais il est courant de gagner 2 à 3 classes sur le DPE pour des maisons très peu isolées. Cette technique reste toutefois délicate à mettre en œuvre dans le bâti ancien massif (pierre, pisé), où les lames d’air sont irrégulières ou inexistantes, et peut présenter des risques de désordres si les problèmes d’humidité n’ont pas été traités en amont.
Ponts thermiques et étanchéité à l’air des parois verticales
Une isolation des murs, qu’elle soit intérieure ou extérieure, ne tient ses promesses que si les ponts thermiques et l’étanchéité à l’air sont correctement traités. Les ponts thermiques correspondent à des zones où la résistance thermique est plus faible : jonction murs-planchers, nez de balcons, tableaux de fenêtres, refends traversants… À ces endroits, la chaleur s’échappe plus vite et la surface intérieure peut devenir suffisamment froide pour provoquer condensation et moisissures.
En ITE, la continuité de l’isolant permet de réduire fortement ces ponts thermiques linéiques, à condition de soigner les raccords autour des menuiseries et en pied de façade. En ITI, le traitement est plus complexe, car les liaisons entre cloisons et planchers interrompent souvent l’isolant. Des solutions comme les retours d’isolant sur les refends, l’utilisation de rupteurs de ponts thermiques structurels et la pose de complexes adaptés au droit des balcons permettent toutefois de limiter ces faiblesses.
L’étanchéité à l’air, quant à elle, vise à supprimer les infiltrations parasites à travers l’enveloppe : fissures, jonctions mal traitées, passages de gaines… Un logement très isolé mais perméable à l’air peut voir sa consommation de chauffage augmenter de 20 à 30 % par rapport à un bâtiment bien étanche. C’est un peu comme chauffer une maison en laissant une fenêtre entrouverte en permanence : l’isolant ne peut pas compenser ces fuites d’air.
Pour garantir une bonne étanchéité à l’air des parois verticales, on met en œuvre des membranes (pare-vapeur ou frein-vapeur), des bandes adhésives et des mastics spécifiques, en veillant à la continuité de la « ligne d’étanchéité » sur tout le pourtour du logement. Des tests de type blower-door (mise en pression du bâtiment) permettent de contrôler la qualité de la réalisation et d’identifier les fuites résiduelles. Associer isolation performante, traitement des ponts thermiques et étanchéité à l’air est la clé pour atteindre un niveau de confort et de performance réellement durable.
Performance énergétique et réglementation thermique RT 2012-RE 2020
Les réglementations thermiques successives (RT 2012, puis RE 2020) ont profondément modifié la manière de concevoir l’isolation des murs. La RT 2012 imposait déjà une consommation maximale d’énergie primaire pour le chauffage, la ventilation, le refroidissement, l’ECS et l’éclairage, ce qui se traduisait dans les faits par des résistances thermiques élevées pour les parois opaques (R mur généralement supérieur à 3,7 m².K/W en construction neuve). La RE 2020 va plus loin en intégrant la dimension carbone et le confort d’été, ce qui renforce l’intérêt des isolants à forte inertie et des matériaux biosourcés.
En rénovation, on se réfère au « volet bâtiments existants » de la réglementation ainsi qu’aux exigences des dispositifs d’aides (MaPrimeRénov’, CEE, éco-PTZ). Pour les murs, les seuils usuels sont : R ≥ 3,2 m².K/W pour respecter la réglementation minimale, R ≥ 3,7 m².K/W pour bénéficier des principales aides en mono-lot, et R ≥ 4,4 m².K/W en ITE dans le cadre d’une rénovation d’ampleur. Viser plus haut que ces minima se révèle souvent judicieux, car le surcoût d’une plus grande épaisseur d’isolant reste limité au regard de la main-d’œuvre et de la durée de vie du système.
Au-delà des chiffres, la RE 2020 met l’accent sur la performance globale du bâtiment : besoins bioclimatiques, optimisation des apports solaires, limitation des surchauffes estivales, bilan carbone des matériaux. Dans ce contexte, le choix de l’isolant pour vos murs ne peut plus se résumer à un simple lambda. Il faut aussi considérer la densité, la capacité thermique, l’impact environnemental, la durabilité et la compatibilité avec le bâti existant.
En pratique, la meilleure approche consiste à raisonner de manière globale : audit énergétique, simulation thermique, hiérarchisation des postes (toiture, murs, menuiseries, ventilation, chauffage) et définition d’un scénario de rénovation cohérent avec les objectifs RT 2012 ou RE 2020. En vous entourant de professionnels qualifiés (artisans RGE, bureaux d’études thermiques), vous pourrez ainsi choisir la solution d’isolation des murs la plus adaptée à votre logement, à votre budget et à vos ambitions de performance énergétique sur le long terme.